CANCER ET TRAVAIL : « on ne passe pas de malade à guéri d’un coup! »

Résultat de recherche d'images pour "cancer reprise du travail"

Bon jour tout le monde,

Je souhaitais faire un article bien plus tard sur le cancer et la reprise du travail car je ne suis pas encore  concernée et aussi j’aurais aimé lire en premier le livre « Cancer et Travail » sorti récemment avant de vous en parler.

Mais je ne peux attendre plus longtemps de vous faire part (oui je suis encore naïve!!!) de ma déception face à  l’incompréhension du monde du travail quand vous avez été malade du cancer (voir de l’indifférence) après avoir reçu  une claque en pleine figure : une proposition de sorte de « placard »(et encore celui-là pourrait être climatisé !) Vous voyez ce que je veux dire ?  pour une éventuelle et future reprise. Je ne m’éternise pas sur mon sort mais çà fait réfléchir sur le manque d’humanité qui règne aujourd’hui, ce monde d’égoïste et du chacun pour soi mais aussi ce « faux semblant » de compassion ou compréhension ! Parfois (je dis bien parfois) ces comportements proviennent de méconnaissance et de compréhension de la maladie et de son après.

Vous avez été malade, vous avez eu un cancer ! Oh ma(mon) pauvre !

Oui mais c’est pas leur problème ! Et où va t on pouvoir bien vous mettre à votre retour ? Alors parfois c’est la double punition jusqu’à même perdre son travail !

Résultat de recherche d'images pour "humour sur cancer"

Certes, je peux comprendre certaines entreprises qui sont « ennuyées » d’avoir du personnel malade qu’il faut remplacer, ou qui risque de retomber malade. Il y a des soucis organisationnels qui font surface. On ne peut le nier.

Mais doit on avoir ce profil réducteur de malade ? N’a-t-on pas droit à retrouver une place dans la société ?

Aussi, afin d’éviter d’en parler avec trop d’émotions, je souhaite vous partager un article de l’EXPRESS ENTREPRISE qui a interrogé l’auteur du livre « Cancer et Travail »

Celle-ci est bien placée pour en parler puisqu’elle même en a eu un mais surtout elle explique parfaitement le vécu et le parcours d’une personne atteinte du cancer, comment on peut les aider à réintégrer leur poste à l’adaptant et aussi le préparer au préalable.

Comme elle le dit si bien « On ne passe pas de malade à guéri, d’un coup » 

J’espère donc que cet article éclairera les personnes qui ont des collègues ou des employés concernés, mais aussi celles qui sont dans l’attente d’une reprise de travail.

N’hésitez pas à le partager et/ou à le commenter en nous parlant de votre propre expérience, vécu

« Beaucoup de malades cachent leur problème lorsqu’ils reprennent une activité. A l’occasion de la sortie de son livre Cancer et travail, Anne-Sophie Tuszynski, passée elle-même par cette épreuve, invite les entreprises à une prise de conscience.

Le cancer touche tout le monde, de près ou de loin. Et, évidemment, il ne s’arrête pas aux portes de l’entreprise. Pourtant, l’univers du travail n’a pas encore totalement intégré cette donne. A travers son livre Cancer et travail*, Anne-Sophie Tuszynski invite à prendre conscience de la nécessité d’accompagner les salariés atteints par le « crabe ». Collaborateurs, aidants, managers, dirigeants… doivent s’emparer du sujet pour que le cancer n’aboutisse pas à écarter définitivement de la sphère professionnelle les malades. Interview.  

Pourquoi avoir écrit ce livre?  

Il manquait un ouvrage parlant aux gens de façon concrète et qui mette le doigt sur cette réalité du cancer au travail. Je l’ai doublé d’un site, AlloAlex.com, qui propose aux malades des outils d’accompagnement pour y voir plus clair, gagner du temps, sécuriser leurs parcours. Et d’une hotline, gratuite, toujours pour répondre aux questions liées à l’articulation entre cancer et travail. J’ai été moi-même atteinte d’un cancer du sein, en 2011. Je travaillais dans un cabinet de conseil, à l’époque. En 2012, j’ai créé Cancer@Work en 2012, un réseau d’entreprises qui s’engagent pour le maintien dans l’emploi des salariés atteints. Une majorité d’entreprise n’a pas pris conscience qu’au sein de leur effectif, il y a des salariés, malades chroniques, qui travaillent. Il faut que cette prise de conscience arrive enfin, que de nouvelles pratiques émergent et qu’on assouplisse les règles autour de l’arrêt de travail.  

Quel est le problème avec l’arrêt de travail? 

Les malades ont souvent envie de garder une activité professionnelle, synonyme de « place » dans la société. Or, aujourd’hui, le choix se limite à un arrêt de travail complet, ou à un temps partiel thérapeutique, qui ne peut être engagé qu’après un arrêt de travail complet. Il faudrait pouvoir continuer à travailler partiellement pendant les soins, et allonger la durée du temps partiel thérapeutique, qui ne peut aujourd’hui dépasser un an.  

Vous regrettez dans votre ouvrage que trop peu de gens choisissent le statut de travailleur handicapé, qui permet pourtant une adaptation de ses horaires et de son poste…  

Ma position a évolué en quelques années. En 2011, j’étais pour la création d’un statut de « malade chronique », dont les salariés auraient pu se prévaloir. Mais il est compliqué de s’arrêter sur une définition de la maladie chronique: la Sécu, l’Union européenne, l’OMS, ont toutes une vision différente du sujet. De plus, je crois que le statut de travailleur handicapé, avec quelques évolutions, pourrait convenir. Le vrai problème de ce statut, c’est qu’il renvoie aux représentations qu’on se fait du handicap. J’ai moi-même dû les déconstruire avant d’accepter d’être reconnue travailleur handicapé.  

LIRE AUSSI >> Travailleur handicapé: trois mesures de la loi Macron à connaître 

Rien n’oblige légalement à parler de son cancer à son travail, mais beaucoup de gens choisissent de le faire. Comment avez-vous vécu personnellement la chose? 

D’abord, j’ai eu la chance – si je puis dire!-, de tomber malade dans un environnement professionnel en lequel j’avais une totale confiance. Les choses ont été dites clairement. Et il y a eu un énorme mouvement de solidarité qui a émergé. Je recevais beaucoup d’appels, de mails. J’ai décidé d’envoyer régulièrement une newsletter à mon entourage personnel et professionnel, pour les tenir au courant de l’avancée de mon combat. Histoire de ne pas passer huit heures par jour à parler de la maladie. Cette initiative a été plutôt bien perçue par mon équipe, mes clients et mes partenaires. Je n’ai eu aucun retour de personne « choquée ». En fait, je n’ai jamais croisé de personne hostile, ou malveillante. Ma vision n’est pas angélique pour autant. Je sais bien que, dans l’entreprise, on peut vite être « rattrapé par la patrouille », quand il y a des objectifs et des performances à tenir.  

Justement, quand dans l’entreprise, son supérieur direct n’est pas extrêmement bienveillant, comment fait-on? 

Il y a toujours la possibilité de se tourner vers le médecin du travail, qui va pouvoir approcher d’autres personnes dans l’entreprise. Et si vous estimez que le médecin du travail n’est pas un allié potentiel, vous pouvez toujours essayer de trouver le soutien d’une assistante sociale hors de l’entreprise. En fait, on n’est jamais seul, mais toujours dans un écosystème. Il faut essayer de repérer les personnes susceptibles d’être des appuis.  

Les managers aussi, peuvent être déstabilisés, lorsqu’un collaborateur leur annonce la nouvelle. Au-delà des aspects organisationnels, comment gérer le côté « émotionnel » de la situation? 

Quand quelqu’un nous apprend son cancer, cela nous renvoie de manière très directe et violente à notre propre mort. Cela peut effectivement déstabiliser et faire commettre quelques maladresses. Certains vont vouloir avoir un discours rassurant et diront des choses comme « oh, tu sais, un cancer du sein, ce n’est pas grand-chose aujourd’hui, ça se soigne très bien ». Sauf que pour la personne malade, ce cancer, c’est tout sauf « pas grand-chose ». Personnellement, j’avais dans mon entourage une personne très aidante à mon égard, mais par ailleurs très attachée à sa féminité. Le jour où je lui ai dit que j’allais subir une mastectomie, elle me dit « si on m’annonce ça, je me tire une balle ». Bon, j’ai ri. Mais si on peut éviter ce genre de propos, ça serait pas mal. En même temps, je crois qu’il faut se montrer indulgents les uns envers les autres. Quand j’étais malade, il y avait des jours où j’avais envie de parler de ma maladie, et d’autres non. Pour l’entourage, ces changements d’humeur peuvent être difficiles à repérer…  

Comment préparer au mieux son retour au travail?  

Nous, les malades, sommes les premiers à nier les conséquences de notre maladie. Soit parce qu’on a envie de tourner la page rapidement. Soit parce qu’on n’a pas conscience tout de suite de ce qui est lié aux traitements: manque de concentration, perte de mémoires, fatigue chronique… Il faut dire aussi que les médecins parlent assez peu aux patients de ces effets secondaires. Aujourd’hui, beaucoup de gens cachent leur problème et cela aboutit, deux ans après, à des phénomènes de décompression psychique. Il y a reprise du travail, mais dépression quelque temps plus tard. Pour éviter cela, il faut que l’entreprise prenne le temps, de façon régulière, de demander au salarié à quelles difficultés il fait face, de quelles adaptations il aurait besoin. On ne passe pas de malade à guéri d’un coup!  

Vous insistez sur l’importance de la visite de pré-reprise 

Aujourd’hui moins de 50% des malades l’utilisent et, bien souvent, elle se passe la veille du retour, sans suivi derrière. Je conseille de prévoir cette visite quinze jours, voire un mois avant la reprise. Quand bien même l’arrêt de travail serait prolongé, ce ne serait pas grave, cette visite peut être répétée. Le but, c’est d’enclencher un mécanisme de dialogue, de voir quel poste peut être repris, dans quelles conditions, et d’éviter à tout prix le licenciement pour inaptitude. Selon l’étude Vican 2, un actif sur quatre au moment du diagnostic du cancer n’est plus en emploi deux ans après. 

Mais il n’y a pas que des licenciements pour inaptitude, dans le lot…  

C’est vrai qu’il y aussi beaucoup de personnes qui sont en phase de transition vers un nouveau projet professionnel. Après avoir traversé une telle épreuve, la question du sens de ce que l’on fait se pose de manière aigüe…  

« Cancer et Travail, J’ai retrouvé ma place ! Comment retrouver la vôtre », éditions Eyrolles, illustrations de Lili Sohn

Voilà qu’en pensez vous ?

Je reviendrai sur ce sujet, quand j’aurai lu le livre, peut être l’avez vous déjà fait et souhaitez nous en parler ?

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s